dimanche 8 juin 2008

pourquoi un collectif

Pourquoi un collectif de formateur précaire à l'AFPI Bretagne/DIAFOR?

D'où a pu émerger une idée aussi saugrenue?

Je crois qu'il serait vain de rechercher une linéarité, une construction historique dans la démarche qui nous a conduit à nous regrouper dans un collectif.

Cette démarche s'apparenterait plutôt à l'émission de M6 : « Caméra café ». Des gens qui se rencontrent et se racontent et s'étonnent, comparent, analysent et vont de surprises en surprises.

De quoi parle t'on à la machine à café.?

Du travail bien sûr : alors t'as du boulot? Quoi, tu es debout depuis 5 heures du mat? Oui, je comprends tu étais en intervention à Brest. Cela fait beaucoup de route et ça fait une longue journée. T'es payé combien pour faire ça? Ben alors, t'es devenu le nouveau smicard de la formation professionnelle !!! Tu sais, il y a des formateurs dont le temps de trajet est rémunéré, je ne veux pas citer de nom mais ...!!! J'espère que tu as remarqué que tu roules dans un véhicule 4CV (heureusement avec l'augmentation du gas oil)?

Surprise, surprise, on en apprend tous les jours

Eh alors, qu'est ce que tu fais cet été? Ah! Tu pointes aux ASSEDIC, j'espère que tu auras du soleil.

Fred et de Henri, que sont ils devenus? Je crois qu'ils ne voulaient pas travailler plus pour gagner moins. Tu trouves ça moral toi? Ils ont osé assigné l'AFPI aux prud'hommes, mais qu'est ce qu'ils cherchent? Tu crois qu'ils ont raison?

Tu sais toi pourquoi nous n'avons pas d'indemnités de fin de contrat?

Et ! Tu as vu, il y a l'inspection du travail qui est passé à l'AFPI? L'inspectrice a fait un drôle de rapport, elle parle de propositions d'embauche en CDI. Ouais mais tu te rappelles Fred et Henri, je crois que les contrats qui leurs ont été proposés n'étaient pas vraiment acceptables. Je crois qu'ils perdaient jusqu'à 30% de leur salaire. Et puis, pourquoi on nous suggère aussi fortement le portage salarial?

Voilà, de questionnements en interrogations, de vicissitudes en incertitudes, d'abord un, puis deux, nous nous sommes demandés si nous n'étions pas atteind d'une pathologie psychologique nous faisant ressentir notre environnement comme agressif. Alors, soucieux de notre santé mentale, nous avons sollicité d'autres collègues pour nous rassurer.

Et là quelle ne fut pas notre surprise. Non seulement, quelques uns avaient répondu à notre appel mais ils se posaient également les mêmes questions que nous. Ouf quel soulagement, ce n'est pas l'asile qui nous guette. Et si ce n'est pas nous qui allons mal, alors qu'est ce qui ne tourne pas rond dans le système?

Qu'est ce qui fait que tant de gens se sentent mal, se sentent floués et méprisés.

Comment se fait il que des professionnels, formateurs depuis plusieurs années puissent se demander si « c'est vraiment un métier ».

Pourquoi de tels différences dans nos traitements et dans nos salaires?

Etc. Etc ...

Voilà comment on passe de la machine à café à un collectif de formateurs précaires.

Ce collectif attend de la direction de l'AFPI Bretagne/DIAFOR, les réponses aux questions qui ont été soulevées soit par écrit soit lors de réunion avec E. Rondeau.

Ce collectif recherche le respect et la considération qui est dû aux individus travaillant à l'AFPI Bretagne/DIAFOR, quel que soit le statut.

Ce collectif revendique le respect du droit du travail, indépendamment de toute autre affiliation ainsi le paiement de ce qui nous est dû (primes diverses, temps de route, indemnités kilométriques, ...).

AUJOURD'HUI ON ATTEND ENCORE !!! MAIS ON AVANCE

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